LA METAPHYSIQUE RENVERSEE

Roland Techou

Entre dépassement (Martin Heidegger) et abandon (Jean-Luc Marion), la métaphysique n'a pas encore dit son dernier mot. En effet, l'avènement de la nouvelle philosophie, la phénoménologie loin de consacrer la fin de la métaphysique, oriente celle-ci vers ses vrais enjeux à savoir : "Penser le fond qui fonde le fond de toute pensée". Pour comprendre ce fond transcendantal de toute métaphysique comme le transcendant pur lui-même, nous initions un tournant phénoménologique visant à questionner l'actualité du rapport phénoménologie et métaphysique. Où en est la métaphysique depuis l'avènement de la phénoménologie ? La philosophie a-t-elle perdu son ambition de science première ?
Cet article veut situer sur la base d'approches récentes comment une métaphysique phénoménologique, déjà énoncée par Patocka, est enfin envisageable. Il cherche à rallier l'élan de toute phénoménologie à la philosophie transcendantale kantien d'inspiration heideggerienne. (Kant et le problème de la métaphysique 1929).

Depuis 1900-1, date de naissance de la phénoménologie avec la publication des Recherches logiques de Husserl, la métaphysique comme philosophie première est entrée dans une phase critique. Si en notre époque la philosophie s'écrit en termes de phénoménologie comme le souligne Jean-Luc Marion, il ne faut pas ignorer qu'il est du dessein de cette métaphysique d'être transgressée comme l'affirme le même Marion. La question est alors de savoir à quoi tient la polémique métaphysique et phénoménologie. La critique ontothéologique lancée par Heidegger à l'égard de toute la métaphysique occidentale n'est-elle pas aujourd'hui surmontée par les historiens de la philosophie pour que ceux-ci en y voyant une aporie comme Marion, puissent ouvrir à un renouveau herméneutique du rapport que la philosophie a toujours entretenu avec ses mutations historiques ? Notre lecture de cette polémique voudrait faire constater que le geste de Husserl qui en aura appelé à un dépassement de la métaphysique est une fin offerte pour le commencement de la philosophie comme quête du "sens des choses".
Dans une première investigation, nous soutiendrons un tournant phénoménologique de la métaphysique sous la base de déconstruction-reconstruction de la philosophie (1). Celle-ci prolongée dans une deuxième approche nous fera justifier de la pertinence d'une herméneutique métaphysique toujours en acte dans la philosophie contemporaine (2), de façon à montrer en une troisième considération un retour à l'analytique de la "fonction méta" comme exigence phénoménologique qui ouvre à l'ontologie donatrice à concevoir aujourd'hui comme modèle pour le dynamisme de la pensée philosophique (3). L'intérêt de cette présentation de l'histoire de la philosophie est de présenter l'actualité du rapport phénoménologie et métaphysique au-delà de toute polémique.
I- De la déconstruction à la reconstruction
Kant fut le premier à initier la nécessité de déconstruire l'ontologie traditionnelle (métaphysique) pour lui redonner son ambition de science première. Après la Critique de la raison pure qui a en réalité échoué dans la restauration aristotélicienne de la philosophie, c'est Husserl qui au début du 20 -ème a rêvé de la philosophie comme "science rigoureuse". Dans quelle mesure la philosophie fondée sur le principe des mathématiques est-elle encore une métaphysique ? C'est là toute l'inquiétude de Heidegger qui n'entrevoir aucune philosophie indépendamment de l'être comme objet. En s'accordant au geste de Husserl contre une phénoménologie transcendantale, Heidegger annonce que si la phénoménologie est la méthode la plus décisive offerte à la philosophie, elle ne peut l'être qu'en étant une phénoménologie ontologique. Plutôt que de voir cette décision comme un éloignement du fondement enfin posée par Husserl, nous allons supposer dans le parricide heideggérien l'atout d'un tournant accordé à la métaphysique (1) de façon à montrer que sa fin supposée par les deux penseurs est un appel à se dépasser (2). De quel dépassement s'agit-il ?
1-1- L'évidence d'un tournant pour la philosophie
La tâche de la philosophie contemporaine est de penser annonce Heidegger. Mais il faut souligner que le penseur du sens de l'être, l'a annoncé comme un défi à l'élaboration contemporaine de la philosophie telle que celle-ci cherche à se démarquer de la stagnation métaphysique de la pensée. C'est à Ludger Honnefelder que nous devons l'une des prises au sérieux de cette aporie heideggérienne. Honnefelder envisage la possibilité de la métaphysique dans ce régime de critique radicale. Dans la sixième de ses leçons données en 2000, "La possibilité de la métaphysique en régime de critique radicale" il sonde les "projets métaphysiques des temps modernes jusqu'à aujourd'hui" comme lieu où la critique reste inévitable sans que l'enjeu "transcendantal" de la science métaphysique soit abandonné ou délaissé. Depuis l'empirisme de Hume et Locke en effet jusqu'à celui du cercle de Vienne en passant par l'acte fondateur de la critique métaphysique moderne : La critique de la raison pure de Kant, la métaphysique est toujours entrée dans des phases de critique sans que jamais sa fin, toujours annoncée, soit effective ou effectuée. Ceci est évident pour Honnefelder dans la mesure où "aussi longtemps que la philosophie se plie à la double exigence de la justification et de la critique, les questions d'une philosophie première, c'est-à-dire d'une philosophie fondamentale, ne se laissent pas consumer".
Donc en notre siècle "où la phénoménologie assume toute la philosophie" (Jean-Luc Marion), il faut remarquer que ce n'est pas la philosophie qui se consume au gré de la critique mais plutôt la métaphysique qui connaît un tournant phénoménologique visant à en fonder l'essence. Il en résulte que toute critique reste une critique qui ne vise qu'à fonder la métaphysique comme science première au sens de l'essentiel (essence) de la philosophie. En réorientant la compréhension des questions métaphysiques sur le questionné lui-même (l'homme en tant que métaphysique) par "la nature de la raison elle-même", Kant situe la métaphysique comme une "disposition naturelle de la raison" dont il faut dorénavant questionner la "possibilité" et la "disposition".
Quel est le pouvoir de la raison par rapport à la connaissance pure apriori ? Loin d'être "prolégomènes" à la possibilité de connaissance, cet effort de questionner le pouvoir de la raison en est déjà la connaissance qui n'éveille à rien d'autre qu'à la métaphysique elle-même. On entend à juste titre la critique comme "l'idée d'une science particulière, qui peut s'appeler la critique de la raison pure".
Cette science transcendantale qui a vu le jour avec Kant et dont les relents se sont imposés à l'histoire de la pensée depuis les médiévaux, tels Scot et Suarez jusqu'à la phase scolaire de la métaphysique, n'a jamais "fait appel à un premier Etant en soi, mais à un premier connu". Et le pouvoir transcendantal ne peut se conférer qu'à ce "premier connu" qui se sachant connu, s'interroge sur son sens d'être. En ce qui concerne Kant, il faut le préciser, sa critique reprochait à l'ancienne philosophie de faire "sans circonspection, de ces critères de la pensée des propriétés des choses en soi" : "J'appelle transcendantale dit-il toute connaissance qui s'occupe en général, non pas tant d'objets, que de nos concepts a priori en général". C'est donc des conditions de possibilité de notre connaissance des objets en général que traite la métaphysique. Mais qu'en est-il de cette réalité objective ? C'est à ce sujet qu'il faut affirmer, à travers les diverses approches se focalisant sur le concept abstrait "d'étant" comme objet de métaphysique ou le concept de "l'étant" comme premier objet de l'intellect ou même le concept de l'Etant infini, que le moment kantien est celui d'un éveil à la métaphysique. Tout projet de dépassement de la métaphysique s'inscrit alors dans la fin de celle-ci.
1-2- La métaphysique entre fin et dépassement
Le problème est de savoir comment dans l'avènement de la phénoménologie, la métaphysique a substitué ses schèmes à la nouvelle philosophie. Dans Essais et Conférences, publiés entre 1936 et 1946 se situe le texte sur le "Dépassement de la métaphysique". Heidegger y affirme explicitement que : "Le dépassement de la métaphysique, est pensé dans son rapport à l'histoire de l'être. Il est un signe précurseur annonçant la compréhension commençante de l'oubli de l'être. Ce qui se montre dans le signe est antérieur au signe, quoique aussi plus en retrait que lui. C'est l'achèvement (Ereignis) lui-même… Le dépassement (de la métaphysique) ne mérite d'être pensé que lorsqu'on pense à l'appropriation-qui-surmonte l'oubli de l'être".
On le voit clairement, dans la pensée de Heidegger, les types classiques de la métaphysique, specialis et generalis sont réduits à une uniformité métaphysique qui si elle donne l'apparence d'une métaphysique générale n'est en réalité qu'une metaphysica naturalis. Nous le verrons plus loin au sujet du fondement métaphysique de l'ontologie fondamentale. Il importe pour l'instant de rappeler que dans ce même texte sur le dépassement de toute métaphysique, il soutient toutefois que "la métaphysique même surmontée ne disparaît point. Elle revient sous une autre forme et conserve sa suprématie, comme la distinction, toujours en vigueur qui de l'étant différencie de l'être". Heidegger réhabilitant la métaphysique surmonte de fait sa propre critique ontothéologique pour supposer la possibilité toujours accordée à la métaphysique générale de se poser comme constante quête de sens au-delà de tout objet qui se poserait comme transcendance. Les démarches métaphysiques encore en cours dans la pensée contemporaine soutiennent cette tendance herméneutique de toute métaphysique.
II- Une herméneutique toujours en acte
Dans sa série de conférences déjà évoquées, Ludger Honnefelder se fonde sur Dun Scot pour illustrer "la métaphysique comme science transcendantale". Honnefelder entend ici présenter un témoin de la métaphysique dont la vision reste l'effort d'atteindre la transcendance au-delà de tout absolu. Il le montre notamment dans la deuxième leçon intitulée "La question de la portée de la raison humaine : métaphysique comme science transcendantale".
2-1- Science transcendantale
La métaphysique perçue comme "science transcendantale" doit sa notoriété à Jean Duns Scot, qui dans le second commencement de la métaphysique situé au Moyen-Âge, donc après Aristote, tente de redonner à cette science "sa conception de philosophie première" et qui durera jusqu'au seuil de la modernité. Ce que réalise Scot c'est d'avoir conduit la "scientia transcendens" à passer du questionnement de l'Étant premier à la constitution de la "Première connaissance". Puisque l'influence de Duns Scot, qui va s'étendre jusqu'à la modernité n'a vraiment connu d'actualité qu'à partir de 1950, l'année "qu'a commencé l'édition critique des écrits de Scot", on se rend compte à présent que cette métaphysique n'eut d'autre relent qu'ontologique. L'influence de Scot, le Doctor subtilis se note dans "son exigence de précision dans l'art de la distinction et de l'argumentation qui est guidée par la théorie de science et par la logique aristotélicienne".
Dans cette rigueur d'élaboration métaphysique en vue de la connaissance première, Scot s'inscrit dans la répartition distinctive entre philosophie et théologie et ce à la suite d'Albert le Grand et Thomas d'Aquin. Ce qui énonce que pour lui "la théologie ne peut s'exercer comme science que si la portée des concepts qu'elle utilise peut-être démontrée par une science qui dépasse la physique". Par exemple, la Révélation ne peut être intelligible que dans la mesure où les mots auxquels elle fait référence sont explicites pour la nature (humaine) qui en fait usage. Ainsi, savoir si la théologie peut se constituer comme science, nécessite avant tout que soit clarifiée une question préalable à savoir : "comment la métaphysique est-elle possible ?". Car "ce qui est capable d'être le premier sujet d'une métaphysique qui soit à notre portée dépend de la question de ce qui doit être tenu pour l'objet premier de notre raison".
Si cette raison ne remplace pas chez Duns Scot le premier objet de la métaphysique, il fait néanmoins "précéder les déterminations des objets de la théologie et de la métaphysique d'une détermination de la portée et des limites de notre faculté de connaître, c'est-à-dire d'une critique de la raison". Il résulte de cette critique qu'avec Duns Scot le premier objet qui peut se donner le monopole de tout ce qui est connaissable, loin d'être un Étant éminent, encore moins un objet particulier, est "la détermination commune d'étant". Cet étant n'est évident que dans la mesure où il reste accessible à notre intellect. Et seul "ce concept d'étant, occupe chez Scot la place du premier objet de la métaphysique, qui nous soit accessible sous les conditions actuelles de la connaissance".
Peut-on envisager avec Duns Scot que cet "étant" devra se constituer lui-même comme métaphysique au point d'être aussi tenue comme ontothéologique ? Plus distinctement posée par Honnelfeld, la question est de savoir si la "philosophie première" est la science de l'étant en tant qu'étant, si la raison théorique l'interprète théoriquement selon la série - ce qui ramène à l'onto-théologie - ou l'interprète-t-elle théoriquement selon le tout - ce qui ramène à l'ontologie ?
On ne peut souscrire avec Scot à une interprétation sérielle. Car la métaphysique de Scot ne suppose aucunement une "connaissance préalable non démontrée du Premier éminent". C'est pourquoi sa métaphysique apparaît plutôt comme l'option à "fonder la possibilité de la métaphysique sur une critique de la raison". Il procède dans ses œuvres à une détermination de cet étant de façon à en élucider le principe : "Si en effet nous essayons de répondre à la question du "quid est" d'un objet par une définition, nous utilisons des concepts distinctifs qui indiquent le quoi et le comment de l'objet. Normalement ces concepts distinctifs par exemple le concept d'homme, sont composés d'un concept partiel indiquant le "quoi" (quid) et d'un concept partiel indiquant le "comment" d'une part, et rationnel d'autre part".
Il s'ensuit une "théorie de l'étant comme premier connu" soumis à une "primauté irréductible" : "Rien n'est connu distinctement sans être connu comme étant". Et un tel étant ne se laisse connaître par quelque chose d'antérieur (Avicenne). Seul ce qui est distinct est connu comme étant. Le caractère imparfait de l'étant lui vaut d'être un "univocum transcendens" (Pierre d'Aquila) dont la conséquence pour Scot reste que : "L'intellect humain doit renoncer au point de vue divin. Il n'existe pas de connaissance- possible à l'homme dans l'état actuel, ou accessible selon sa nature- du premier Etant éminent, tel qu'il est selon son essence…. La connaissance humaine n'est capable que de former le concept d'étant par le moyen de la connaissance abstractive".
C'est déjà à cette "capacité de former" propre à l'humain que Heidegger exige de ramener la connaissance elle-même. On peut comprendre l'intérêt qu'a suscité la théorie scotienne de l'étant chez le jeune Heidegger dont la thèse d'habilitation en porte les traces. Le concept d'étant comme premier connu qui s'applique à tout, fait accéder à un "concept qui dépasse (transcendit)" toute catégorisation parce que hors de toute portée : "Ce concept abstractif d'étant qui comprend l'étant en tant qu'étant dans la mesure où il n'a pas d'autre contenu que la ratio entis tout simplement simple, est en même temps l'objet recherché de la métaphysique qui est possible pour nous".
Scot ramenant l'objet de la métaphysique à la possibilité de la condition humaine en livre une définition qui peut bien exempter sa tradition de la critique heideggérienne. Il réfute toute idéalisation de la science et notifie que "la métaphysique en nous (metaphysica in nobis) sous forme de la philosophie première, qui est accessible à notre intellect, est au contraire la science du concept d'étant gagné abstractivement en tant qu'il "dépasse" toute connaissance catégoriale". Si avec Scot la métaphysique reste la science première parce qu'elle est une science transcendantale et que cette caractéristique lui vient du fait qu'elle traite des "concepts transcendantaux", le concept transcendantal par excellence reste pour Heidegger le Dasein.
On peut dire du projet de la métaphysique comme philosophie première qu'il n'a pas pris fin depuis lors, malgré les contestations récurrentes de sa possibilité. Comme on pourrait le montrer en détail, ces contestations concernant la fécondité de l'approche qui est à chaque fois choisie, et la validité de la prétention qui est alors élevée, mais non pas la possibilité du projet comme tel. La preuve en est le fait que les nouvelles approches de la philosophie- comme par exemple au XXe siècle les approches de la phénoménologie et de la philosophie analytique du langage- montrent eux aussi que le projet d'une philosophie première est à nouveau possible et même nécessaire.
On dirait en clair, que la possibilité de métaphysique se répète dans de nouvelles conditions. Il reste évident dans l'ordre de la critique ontothéologique que dans la mesure où la métaphysique ne serait possible que du point de vue de Dieu, est voué à l'échec la possibilité de toute métaphysique. On peut alors affirmer une fois encore avec Honnelfeld que : "S'il est possible d'élever une prétention de vérité non épistémique sans être obligé d'affirmer pour chaque proposition que sa prétention de vérité peut recevoir une réponse, un réalisme est également possible-même si c'est réalisme faible- qui ne suppose pas le point de vue de Dieu, et qui prouve que la possibilité de la métaphysique n'est pas suspendue à ce point de vue".
Heidegger qui ne vise pas à la réalisation d'un projet de la métaphysique comme science première a voulu identifier une décision catégoriale de la connaissance comme ontologique. On en arrive ainsi à une formulation de la métaphysique comme ontologie. Dans ce réalisme heideggérien s'énonce une nouvelle théorie métaphysique dont déjà Quine explicite la portée en signifiant qu'"une théorie est fixée à ces entités, et seulement à celles auxquelles les variables liées doivent pouvoir référer, pour que les propositions de cette théorie soient vraies". On en conclut que :
Le Tout auquel la métaphysique se réfère, n'est pas un objet de la connaissance, et la métaphysique ne disposant pas d'une source privilégiée de connaissance, elle n'est possible que d'une façon indirecte. Elle n'est pas une théorie qui explique les choses directement, mais une hypothèse qui essaye de justifier de façon finale les théories explicatives et qui possède, à cause de cela, un statu sui generis, à savoir celui d'une connaissance qui concerne le concept limitatif (Grenzbegriff) et non l'objet.
Ce Grenzbegriff pour toute objectivité métaphysique est ce que soutient Jean Grondin pour qui la métaphysique découle de cet effort à restituer "le sens des choses". Jean Grondin l'atteste en développant une herméneutique métaphysique qu'il faut entendre comme Métamétaphysique.
2-2- Métamétaphysique
Si pour Grondin, la métaphysique doit sa date de naissance à l'inquiétude humaine et qui s'applique aux choses de façon à en déterminer le sens, l'essentiel de la métaphysique nécessite une herméneutique de la pensée métaphysique elle-même. D'où à l'heure de la déconstruction (Kant-Heidegger), l'acte de déconstruire fait partir du sens intrinsèque de la chose métaphysique. Nous nous référons aux conférences annuelles de la Chaire Gilson en 2010 données par Jean Grondin dont le texte paru en 2013 sous le titre Du sens des choses. L'idée de la métaphysique".
La problématique d'ensemble de ces six leçons met l'accent sur la vocation métaphysique de l'homme, que Platon aura mis en exergue en démocratisant l'intelligence humaine qui fait de "tout homme un homo sapiens, un être doué de raison, du moins en puissance, et dès lors investi d'une dignité intrinsèque dans la hiérarchie des êtres". Grondin accède à un sens de la vérité qui soit la vérité des choses que l'herméneutique de toute métaphysique permet d'atteindre. Le point de départ posé par Grondin comme nous le signifions tantôt est qu'il y a un principe de tous les principes déterminants d'une "herméneutique métaphysique". Ce principe au-delà de tout principe énonce que "l'homme est un être de compréhension et que ce qu'il cherche à comprendre, c'est le sens des choses" y compris sa propre raison d'être. La démarche adoptée par Grondin pose d'entrée de jeu une réciprocité entre métaphysique et herméneutique, entendu à la fois comme substantif et comme adjectif : "C'est à la fois la métaphysique qui est herméneutique et l'herméneutique qui est métaphysique".
Un tel itinéraire trace clairement la défense d'une herméneutique métaphysique qui évite de considérer la métaphysique comme un "bloc de doctrines herméneutiques" sans ignorer toutefois qu'il n'y a pas de métaphysique non doctrinale. Grondin fait comprendre que la compréhension du sens des choses qui reste intrinsèque à l'acte métaphysique suppose que le sens visé est ce qui est recherché en même temps qu'il le dépasse. Seule l'herméneutique de la chose métaphysiquement constituée permet d'en saisir le sens.
C'est pourquoi, la notion de "sens des choses" explicitée seulement dans la troisième leçon s'entend comme "le sens de l'être". "Ce sens, c'est d'abord celui des choses elles-mêmes, … Ce sens, ce n'est pas la compréhension qui l'introduit dans les choses… Elle le découvre...". On y retrouve avant tout le sens de la philosophie elle-même : "Si l'herméneutique définit sa méthode, celle d'une interprétation du réel à l'affût de son sens, la métaphysique la caractérise quant à son objet". Le sens de la philosophie reste donc une herméneutique métaphysique ou une métaphysique herméneutique : "L'herméneutique consiste, précise Grondin, en un effort de comprendre et la métaphysique en une tentative de comprendre l'être à partir de ses raisons". Une telle aspiration commune à l'herméneutique et à la métaphysique, témoigne qu'aucune philosophie ne peut se déployer sans porter le souci d'élucider le "sens des choses" à travers "l'effort vigilant (métaphysique) de la pensée humaine de comprendre (herméneutique)".
La première leçon "Herméneutique de la situation présente de la métaphysique" s'inscrit en effet dans l'actualité de la métaphysique après sa déconstruction pour remettre en rapport les perspectives de Kant et de Heidegger comme réalisation "d'une métaphysique portée par une métaphysique en acte". En présentant la figure de Pierre Aubenque qui se demande lui-même s'il fallait déconstruire la métaphysique est un appui pour Grondin inscrit dans la ligne kantienne à constater que "la métaphysique demeurait malgré tout la respiration même de la pensée" : "La métaphysique est l'air que respire la philosophie et donc, compte tenu de sa condition asthmatique de finitude, elle n'a jamais fini de faire l'herméneutique". Les traits actuels de la déconstruction de la métaphysique montrent que loin d'être une destruction, toute déconstruction vise à "faire ressortir le sens des choses".
Dépasser la métaphysique c'est donc chercher à revenir à l'unité métaphysique en recherchant dans les métaphysiques (les systèmes) le sens unificateur des choses. Car comme le souligne Grondin, "ce sens de la différence ne saurait faire ombrage à l'unité présumée de la métaphysique, laquelle doit être préservée s'il doit rester sensé de parler de métaphysique". La critique heideggérienne de l'ontothéologie à ce titre ne concerne qu'une certaine métaphysique entendu quelques systèmes qui n'ont toujours pas eu la même thématique de l'étant absolu pour référent. Mais dans le sens des choses qu'ils cherchent à faire ressortir, la substance, l'absolu, la cause première, l'être, Dieu et bien d'autres phénomènes ont été envisagés comme fondements à la prima philosophia. Ceci pour montrer qu'afin d'atteindre le sens originaire de la phénoménologie qui n'a pas d'objet parce que ne s'occupant pas d'un sujet, même pas du Dasein, seul un au-delà de la métaphysique s'impose. Celle-ci si nous l'envisageons à partir de la métaphysique du Dasein, laquelle consacre l'essence de la connaissance la finitude de toute pensée, il faut en revenir à l'analytique de la "fonction méta" de toute métaphysique pour saisir le sens de celle-ci.
III- La métaphysique du Dasein
La phénoménologie accomplit la philosophie transcendantale par le dépassement du questionnement du statut métaphysique de la philosophie qu'elle provoque. La philosophie n'a pas pour enjeu de se réaliser comme métaphysique mais d'être cette métaphysique qui se regarde elle-même en face à partir du regard phénoménologique que lui prête dorénavant la nouvelle philosophie : l'ontologie fondamentale. C'est l'exigence d'un retour au fondement du phénomène originaire de toute métaphysique de façon à saisir l'objet métaphysique comme une donation originaire que seule la "fonction méta" permet d'entrevoir.
3-1-Retour au fondement du phénomène originaire
Le retour au fondement énoncé par Heidegger est sans aucun doute un retour au fondement de la métaphysique c'est-à-dire au sens d'être "du" métaphysique lui-même. Comment "l'ontologie fondamentale" assume-t-elle ce retour comme commencement métaphysique ? Nous avons déterminé dans notre lecture du Kantbuch que le principe méthodologique qui soutient l'élaboration de la métaphysique du Dasein, n'est plus la phénoménologie, mais une "raison sensible pure". Ce qui permet de distinguer l'ontologie fondamentale comme une "sortie de l'être". La sortie de l'être provoquée par Heidegger est une sortie de la métaphysique de la présence, de cette "chose-sous-la-main" que la pensée peut manipuler parce que considérée comme effectivité. Or, la possibilité est toujours advenant. L'ontologie fondamentale en ouvrant à une sortie de l'être fait entrer l'être en métaphysique par la voie de la finitude. La finitude fixe la limite de toute phénoménalité et fait de l'être une donation ontologique.
Dans sa conférence sur Les limites de la phénoménalité, Marion y revient en soulignant que la philosophie détient l'ultime droit de se déterminer elle-même en tant qu'elle se fixe les conditions de la pensée de tout expérience comme finitude. La possibilité des objets de la connaissance doit se rendre compatible avec la condition de l'expérience. Les conditions des objets d'expérience sont dès lors établies par notre finitude, la finitude de l'homme, celle qui conditionne toute expérience. La finitude décide ainsi de toute possibilité. Marion atteste sans détour que l'histoire de la philosophie n'a été jusque-là que l'approfondissement du statut de la finitude. Il y est question avant tout de la finitude de l'homme énoncée depuis le "Je" du Cogito cartésien en passant par le "Je" transcendantal comme intuition sensible de Kant pour en arriver à l'analytique de la finitude avec Heidegger qui radicalise par la suite la finitude de l'être lui-même. Reste posée alors la question de savoir si la sortie de l'être est effectivement la sortie que l'être réalise de lui-même voire le génitif subjectif au point de consacrer toute donation comme une donation ontologique.
Pour ce, c'est à la question de l'être reposée sous l'égide de la métaphysique qu'il faut renouer la démarche. Si Qu'est-ce que la métaphysique (1929) constitue l'infrastructure littéraire mise en place pour y répondre, c'est dans Kant et le problème de la métaphysique (1929) que s'est mise en place la structure de cette métaphysique envisagée dorénavant comme "une réflexion sur la condition temporelle de notre intelligence de l'être". Grondin confirme donc que la définition de cette "métaphysique du Dasein" doit s'entendre comme : "Une ontologie de cet étant qui comprend l'être de manière temporelle parce qu'il est lui-même transi par une mortalité inexorable, qu'il sait mais ne veut pas voir". Une telle approche qui confère le privilège de la quête de l'être au Dasein est transversale à l'œuvre de Heidegger.
Ce qu'il contestera plus tard de la métaphysique n'est point celle naturalis, mais l'hégémonie persistante d'une certaine métaphysique qui continue à empêcher de penser l'être, monopolisant celui-ci sous le couvert d'un quelconque étant. Grondin lui-même parle d'une "rage de rationalisation" qui "gomme le mystère primordial de l'être" et par conséquent met en cause la transcendance du Dasein, la seule habileté à questionner l'être. Ce fut aussi l'oubli de l'être qui a occasionné l'oubli de la finitude. Or la pensée ne compte qu'avec celle-ci. C'est pourquoi souligne à nouveau Grondin : "Si la métamétaphysique que Heidegger déploie promet de laisser derrière elle la métaphysique, c'est pour mieux penser ou pour enfin penser l'être". Ce qui se justifie dans les derniers écrits du penseur à travers l'écrit du mot Être sans graphie particulière (Seyn ou estre) sans que cela cède pour autant à une pensée antimétaphysique. Sauf si on tient strictement à ce type de métaphysique dont Heidegger cherche à raturer l'être comme pour sauver celui-ci de tout "verrouillage systématique" pour le ramener à la mesure du Da-sein. Il y a là une "métaphysique" à la manière de n'en être pas une, qui ramène non seulement la question métaphysique à la compréhension du sens des choses mais fait exclusivement de la temporalité de l'être la chose par excellence dont il faut comprendre le sens. Une telle compréhension se passe de toute connaissance. Grondin le dit explicitement :
Dans ce nouveau procès intenté à la métaphysique, une chose ne peut manquer de frapper l'observateur attentif : pour une pensée qui prétend s'affranchir de toute volonté d'explication, la métamétaphysique heideggérienne explique finalement beaucoup de chose ! Elle prétend, d'une part, rendre perceptible la trame secrète de toute l'histoire de la pensée occidentale, honorablement résumé sous le nom de métaphysique, et, d'autre part, prépare un tout autre commencement à la pensée, le seul qui soit porteur de salut, car c'est un espoir auquel Heidegger ne renonce jamais.
L'espoir de ce renouveau de la pensée est porté par la métaphysique du Dasein dont la transcendance restituée accomplit tout le projet de l'ontologie fondamentale. Ainsi s'énonce sa métaphysique en acte, qui va permettre par la suite de renouveler aussi la question du divin, (donc aura aussi été dans la structure ontothéologique de la métaphysique) en prenant soin de ratisser tous les concepts pour en faire une pensée postphilosophique. On peut donc dire que "comme Kant, Heidegger ne cherche pas à critiquer ou dépasser la métaphysique que pour mieux la penser… Si pour Kant la métaphysique n'est pas assez "science", pour Heidegger elle n'est pas assez pensée (Denken, Andenken)". Comment penser alors phénoménologiquement la métaphysique de façon à lui restituer la rigueur de sa pensée (l'être) ?
3-2- Par l'analytique de la fonction méta
L'idée directrice des deux déconstructeurs de la métaphysique se situe dans cet effort à prouver qu'on ne peut dépasser la métaphysique en tant "qu'effort vigilant de la pensée humaine à comprendre l'ensemble de la réalité et ses raisons" sans réussir à en élaborer une qui soit la coïncidence "du" métaphysique avec toute métaphysique. Le chemin de l'ontologie phénoménologique est fondamentalement la provocation d'un problème métaphysique qui s'est voulu "méditation métaphysique" posée par le Kantbuch et réalisée dans la leçon inaugurale "Qu'est-ce que la métaphysique ?" (1929). Pour Greisch la pertinence de cette métaphysique en acte comme le distingue Grondin, ne doit pas pousser à endommager "la texture délicate de tout ce qui, en Occident, s'est appelé métaphysique".
La critique ontothéologique n'a été pour celle-ci qu'une "essoreuse". L'analytique du "méta" s'ouvre ainsi à la métamétaphysique (Grondin) comme sens de la chose métaphysique. C'est pourquoi précise encore Greisch, par "fonction méta" : "J'entends une enquête phénoménologico-herméneutique, et non simplement sémantique, sur les différents usages du préfixe "méta''". On s'en rend bien compte : "Il est impossible de dépasser la métaphysique sans défendre une conception qui se prétende plus juste de ce que la philosophie doit être. Mieux dire, il est impossible de dépasser la métaphysique sans présupposer une autre métaphysique qui prétend mieux savoir et ce que la philosophie doit être et ce que sont censées être les choses elles-mêmes.
C'est ce que Jean Greisch ne manque pas de confirmer lorsqu'il en appelle depuis peu et ce à la suite de Stanislas Breton, dans la même ligne que Jean-Luc Marion, à un retour à l'analytique de "la fonction méta". Le retour au "méta" devra révéler que le dépassement est intrinsèque au substantif de métaphysique en même temps que c'est par la déconstruction du physique (Vorhandenheit) qu'une laborieuse métaphysique a lieu. Greisch est l'un des exégètes les plus fidèles de l'herméneutique métaphysique de Heidegger. Dans la conférence, désormais publiée dans l'ouvrage collectif "Christianisme et Métaphysique" paru à l'occasion du Vingtième anniversaire de la Chaire Etienne Gilson aux Editions Presse Universitaire de France (Puf) en 2015, il annonce la rédaction d'un ouvrage sur la "fonction méta et la métaphysique du Dasein". Il désigne celle-ci comme la "clarification de l'infrastructure du penser métaphysique". Et l'évidence de la métaphysique n'est prouvée que pour "autant qu'il y a du transcender". Il fait référence à Heidegger lui-même qui dans Concepts fondamentaux de la métaphysique du semestre d'hiver 1929/1930, invite à "nous mettre nous-mêmes en route" et à "regarder la métaphysique en face, pour ne plus la perdre de vue". Si le regard que Heidegger lui-même jette sur la métaphysique de face, en a appelé effectivement à un regard d'en face, c'est en constatant que son interrogation métaphysique s'est voulue une enquête sur l'origine du mot et l'histoire de la discipline.
Le résultat décevant (le concept scolaire traditionnel est superficiel, confus et "insouciant du véritable problème qu'il doit désigner") ne fut jamais une perte de confiance à la possibilité métaphysique. Ce fut plutôt une décision à penser, à "repenser la signification originelle de ce qu'Aristote désignait comme "philosophie première" et emboîtant le pas de Kant "d'ériger en problème la métaphysique elle-même".
On s'inscrit dans l'intuition d'un retour à l'analytique de la "Fonction méta" que Greisch évoque comme clé herméneutique de restauration de l'actualité de la métaphysique. Bien évidemment la formulation provient de Stanislas Breton mais sa mise en pratique reste une touche personnelle de Greisch et dont les enjeux tentent de montrer le "principe d'interdépendance universelle" que livre l'art de la métaphysique. Ce qui sous-entend que la philosophie notamment la métaphysique n'a pas le monopole du "méta". Cependant, comme souligner dans l'article "Fonction méta dans l'espace contemporain", Jean Greisch en arrive à la conclusion que la "fonction méta" laisse ouverte une "stratégie de pluralisation qui oblige à s'interroger sur les multiples usages, aussi bien extra qu'intraphilosophiques de la particule meta". Ce qui permet de comprendre que la philosophie notamment la métaphysique ne peut s'exclure du dialogue entre les rationalités, entre philosophie et sciences humaines. Il y a là un pari herméneutique (Paul Ricœur) jamais conquis et qui maintient l'assise jamais dépassée des philosophies du passé, en ce sens que ces métaphysiques restent ouvertes à la réinterprétation et à la réappropriation. L'enjeu de l'ontologie heideggérienne aura été d'y avoir convoqué toute la pensée quoiqu'en des termes qui en éloignerait : "La fin de la métaphysique".
La phénoménologie comme méthode d'élucidation de la "fonction méta" ouvre à la transcendance recherchée par tout projet métaphysique. Ainsi dans la métaphysique du Dasein, "Ce qu'il s'agit de cerner, c'est le "phénomène transcendance" et les modes de sa phénoménalisation. Elle peut être dite "herméneutique" parce qu'il y va de la manière dont le Dasein comprend son être-au-monde". À ce niveau Greisch redonne toute prééminence au Kantbuch de 1929 qui aura pris pour fil conducteur la question de l'homme mais en prenant soin de la "désanthropologiser", en lui donnant la forme : "Qui sommes-nous ?". C'est là que se constate la mise en œuvre de l'horizon d'une "métaphysique du Dasein" qui "exauce le vœu kantien d'une renaissance de la métaphysique selon un plan entièrement inconnu jusqu'ici".
Conclusion
Le projet de la Critique de la raison pure s'est nettement dessiné comme une interrogation "sur la pierre de touche d'une métaphysique afin de la rendre enfin crédible". Face à la nature dogmatique qu'a imposé la métaphysique de l'époque kantienne, il faut inéluctablement procéder à une enquête sur les fondamentaux de mise en évidence d'une connaissance métaphysique afin que celle-ci soit possible. L'examen critique des prétentions légitimes de la raison pure a donné droits à une métaphysique de la nature (humaine) par laquelle il faut justifier chez lui la possibilité de la métaphysique. Elle l'est bel et bien pour Kant aussi bien en possibilité qu'en effectivité dès lors qu'elle "se borne à être une connaissance des "conditions a priori de l'expérience", théorique et pratique, ou des objets d'une expérience possible".
La subtilité d'une telle métaphysique vient du fait qu'elle reste fondée sur l'expérience en tant qu'aucune connaissance ne peut extrapoler cette censure du monde empirique. Cependant elle transgresse toute limitation notamment de l'expérience par le fait qu'elle en questionne les conditions a priori. C'est pourquoi le penseur du sens de l'être, ne se préoccupant pas de réaliser une philosophie première, maintient l'élan d'une première philosophie c'est-à-dire celle qui ne peut se délaisser de l'être. Face à ce dynamisme métaphysique, la phénoménologie de la donation avec Jean-Luc Marion aura attesté que l'ontologie donatrice ne peut être une donation ontologique qu'en tenant la métaphysique comme "transgression". Car, si l'être métaphysique n'est pas identifié, la métaphysique perd de son être.
BIBLIOGRAPHIE
BRETON Stanislas, "Réflexions sur la fonction méta" in Dialogue, 21, 1982.
GREISCH Jean, La "fonction méta" dans l'espace contemporain du pensable", in Le statut contemporain de la philosophie première. Centenaire de la Faculté de Philosophie. Collectif, Institut catholique de Paris, 1997.
-, Le Cogito herméneutique. L'herméneutique philosophique et l'héritage cartésien, Paris, Vrin, 2000.
GRONDIN Jean, Du sens des choses. L'idée de la métaphysique, Paris, Puf, 2013
HONNEFELDER Ludge, La métaphysique comme science transcendantale, Paris, Puf, 2002.
HUSSERL Edmund, Recherches logiques (Logische Untersuchungen), 1ère édition, Halle, 1900-1901
HEIDEGGER Martin, Die Kategorien-und Bedeutungslehre des Duns Scotus (1915), Gesamtausgabe,I.Abteilung, Band 1, Francfort-sur-le-Main, 1978.
-, Concepts fondamentaux de la métaphysique du semestre d'hiver 1929/1930, GA 29/30, 19.
KANT Emmanuel, Critique de la raison pure, KrV A VIII.
MARION Jean-Luc, Les Limites de la phénoménalité, Conférence Bucarest, Mis en ligne le 4 Décembre 2015.
-, "La fin de la métaphysique comme possibilité", in Heidegger, Les Cahiers d'histoire de la philosophie, Cerf, Paris, Avril, 2006.

Husserl, Recherches logiques (Logische Untersuchungen), 1ère édition, Halle, 1900-1901
Jean-Luc Marion "Pour une part essentielle, la phénoménologie assume, en notre siècle, le rôle même de la philosophie".
Ludger Honnefelder, La métaphysique comme science transcendantale, Paris, Puf, 2002.
Ibid, p.99.
Cf., Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, KrV A VIII.
Idem.
Ludger Honnefelder, op.cit. p. 102.
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, KrV B114.
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, KrV A 11.
Martin Heidegger, Essais et Conférences, in Questions III, Paris, Gallimard,1958, p.90
Ibid., p.82.
Ludger Honnefelder, op.cit., p.24.
Ibid., p.25.
Idem.
Ibid., p.28.
Ibid., p.29.
Ibid., p.30.
Ibid., p.32.
Ludger Honnefelder, op.cit. p.32.
Martin Heidegger, Die Kategorien-und Bedeutungslehre des Duns Scotus (1915), Gesamtausgabe (cité GA),I.Abteilung, Band 1, Francfort-sur-le-Main, 1978.
Ludfer Honnefelder, op. cit., p. 36.
Idem.
Ludger Honnefelder, op. cit., p. 115
Cf W. S. O. Quine, From a Logical Point of View. Cité par Ludger Honnefelder, op. cit., p. 111
Ludger Honnefelder, op. cit., p. 117.
Jean Grondin, Du sens des choses. L'idée de la métaphysique, Paris, Puf, 2013
Ibid., p. 119
Ibid.Avant-Propos, VI.
Idem.
Ibid., p. 51.
Ibid., Avant-propos, VII.
Idem.
Ibid., p. 51
Cf., Pierre Aubenque, Faut-il déconstruire la métaphysique, Paris, Puf, 2009.
Jean Grondin, op.cit., p.1.
Idem., p. 5.
Roland Techou, De la finitude. Lecture du Kantbuch de Martin Heidegger. Thèse inédite, Paris, ICP, 2017.
Jean-Luc Marion, Les Limites de la phénoménalité, Conférence Bucarest, 2015.
Cf., Martin Heidegger, Qu'est-ce que la métaphysique ? 1929.
Jean Grondin, op.cit., p. 5.
Idem.
Jean Grondin, op.cit., p.7.
Jean Greisch, La "fonction méta" dans l'espace contemporain du pensable", in Le statut contemporain de la philosophie première. Centenaire de la Faculté de Philosophie. Collectif, Institut catholique de Paris, 1997
Jean-Grondin, op. cit., p. 6
Cf Stanislas Breton, "Réflexions sur la fonction méta" in Dialogue, 21, 1982.
Jean-Luc Marion, "La fin de la métaphysique comme possibilité", in Heidegger, Les Cahiers d'histoire de la philosophie, Cerf, Paris, p. 17 et 22 : "Paradoxalement (la fin de la métaphysique, loin d'interdire la philosophie, lui rend donc son terrain… La lecture phénoménologique (autrement dit par destruction) de l'histoire de la métaphysique, exige une double tâche. D'abord interpréter les doctrines selon leur constitution ontothéologique, ensuite lire, dans ces figures de l'ontothéologie ce qu'elles laissent impensé et comment elles le laissent impensé- l'être comme tel".
Jean Greisch, Le Cogito herméneutique. L'herméneutique philosophique et l'héritage cartésien, Vrin, Paris, 2000.
Martin Heidegger, Concepts fondamentaux de la métaphysique du semestre d'hiver 1929/1930, GA 29/30, 19.
GA 29/30, 77.
Cf Stanislas Breton, "Réflexions sur la fonction méta" in Dialogue, 21, 1982.
Jean Greisch, La "fonction méta" dans l'espace contemporain du pensable", in Le statut contemporain de la philosophie première. Centenaire de la Faculté de Philosophie. Collectif, Institut catholique de Paris, 1997
Ibid., p. 20.
La fin n'en serait que le commencement. La réplique de Husserl et de Heidegger à Étienne Gilson en est une belle illustration "Ce dont notre temps a besoin, c'est d'une phénoménologie conçue comme prolégomènes à toute métaphysique de l'être" disaient-ils contre Gilson qui affirma dans L'être et l'essence, que "Ce dont notre temps a besoin, c'est d'une métaphysique de l'être conçue comme prolégomènes à toute phénoménologie", L'être et l'essence, Vrin, Paris, 1972, p. 22.
Jean Greisch, La "fonction méta" dans l'espace contemporain du pensable", in Le statut contemporain de la philosophie première. Centenaire de la Faculté de Philosophie. Collectif, Institut catholique de Paris, 1997
Emmanuel Kant, Ak IV, 259.
Ibid., p. 20.
Emmanuel Kant, Ak IV, 259. KrV A711/B739.


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