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UN BON LIVRE, ÇA COMMENCE PAR UNE BONNE COUVERTURE…

Une couverture réussie. Une couverture qui en installe. Une couverture qui sait - avec les possibilités qui sont les siennes - en dire long et le dire vite.
La couverture réussie, c'est celle qui, d'un coup, d'un seul, tire toute l'attention du chaland à elle. Avec juste une image et un titre. Un titre et une image. Le possible lecteur du livre va rencontrer les deux en même temps - les deux qui se font écho, qui s'amplifient - et…
Mais parlons précisément de la couverture du livre de Maurits Van Overbeke. Et… regardons d'abord l'image.

Les Belges - surtout eux ! - ont reconnu Léopold III. (Cette photo de lui est la plus célèbre ; c'est celle de sa fiche Wikipédia, et celle que Google présente en premier.)
La photo le montre à son avantage : jeune, sérieux, en tenue de parade - la plus grande peut-être - et… écrivant. Produisant ainsi un acte. Avec toute la solennité requise.
Il est là, en plein dans l'exercice de sa haute fonction. Sa fonction régalienne. Il marque un engagement. Le sien et - puisqu'il est le Roi ! - celui des siens. (Vous aurez remarqué la majuscule, majuscule de distinction et même d'honoration.)

Passons maintenant au titre proprement dit : "Berchtesgaden : un dîner avec le diable"…
Là, évidemment, l'effet produit par ces six mots agencés un peu comme une définition, le sens qu'ils donnent, va dépendre de la culture de chacun. Culture générale, culture mi-historique mi-géographique et culture langagière aussi. La notoriété de Berchtesgaden, cette petite ville d'Allemagne, vient de la Deuxième Guerre mondiale. Berchtesgaden, on entend les cailloux, les rochers, la montagne, dans ce nom… Berchtesgaden, c'est les Alpes bavaroises… C'est un chalet célèbre… Mais pas celui de la chanson scoute et mélancolique, "Le vieux chalet", non ! Berchtesgaden, c'est là, juste au-dessus, que perche l'aigle, le Führer ! C'est là qu'il a son nid. C'est là qu'il aimait venir rêver, se ressourcer, recevoir ses amis, ses voisins européens. Pour leur expliquer, autour d'une bonne choucroute garnie, comment il voyait les choses, le Reich. Son grand Reich élargi et pour mille ans !

Et donc, après avoir donné le lieu - Berchtesgaden - qui veut dire, l'air de rien, Adolf Hitler, le titre résume d'une ellipse l'affaire, le drame : "Un dîner avec le diable".
On voit, cette fois, l'allusion au proverbe tiré d'une pièce de Shakespeare : "Quand le diable vous invite, il faut venir avec une longue cuiller."
Et on est pris : on veut savoir... On veut en savoir plus.

Jean-Paul Vasset

FACEBOOK, décembre 2021

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